02 mai 2006

Pourquoi la fin de la Bolivie ne rime pas avec la fin des péripéties

quand_c_est_beau__cerro_rico1Suivant toujours la route d'Alice, notre périple nous emmène vers une autre merveille : Potosí.
Potosí a été connue pour ses mines d'argent du 16ème au 19ème siècle. Son Cerro Rico (La Montagne Riche) regorgeait de ce métal précieux qui a permis l'enrichissement de la couronne espagnole mais aussi l'esclavage des indigènes. Aujourd'hui les mines sont toujours exploitées par les hommes et les enfants regroupés en coopératives. Des agences de tourisme organisent des visites de cesfiesta_avec_le_t_o1 mines. C'est avec l'agence de Marvin, “Tourismo Claudia” que nous avons pu participer aux trois tâches principales des mineurs (extraire avec le marteau; pousser les wagons et tracter par système de poulie les matériaux) : pas de repos pour Aventure Equitable ! C'est bien pour cela que nous avons pu approcher le Dieu du Cerro, le “Tío” pour boire de l'alcool à 96 degrés et fumer avec lui, comme ont l'habitude de le faire les mineurs pendant leur pause.

vue_de_sucreProchaine étape : Sucre. Sucre est la capitale constitutionnelle alors que La Paz est la capitale politique (à cause d'une guerre perdue au 19ème siècle par Sucre). C'est une très belle ville, située entre plusieurs petites collines. Oui, cette ville a un charme tout particulier et nous en sommes tous tombés amoureux pour une raison ou une autre, surtout que nous y avons passé Pâques !

Après un rapide retour à La Paz pour finaliser notre mission avec l'agence Tourismo Claudia et revoirla_route_de_la_mort1 notre grand ami Denis, nous filons vers Rurrenabaque par la “Route de la Mort” : les conducteurs de bus boivent avant de l’emprunter. C'est la route la plus dangereuse du monde car il arrive que l’on ne distingue plus les bords depuis le bus. La route est littéralement creusée dans la falaise. Mais nous aterrissons dans un petit écrin végétal entouré de palmiers, berçés par une douce chaleur ainsi que par les mixeurs des jus aux fruits exotiques. Ici, en bons warriors aguerris que nous sommes devenus, nous ne pouvions pas faire l'impasse sur une exploration de la pampa. l__me_d_un_guerrierNotre guide, Einar, est surnommé Rambo par ses pairs (ça impose tout de suite le ton !). Il nous emmène sur les méandres du río Yucuma dans sa barque pour nager avec les dauphins roses, s'amuser avec toutes sortes de singes, admirer les killnos_amis_les_singes trees (ces arbres qui mangent les autres arbres en les asphyxiant), jouer au football sur un terrain jonché de bouses de vache mais éclairé par un merveilleux soleil couchant et surtout...caresser un crocodile ! Rambo a été infatiguable : il nous a proposé, après toutes ces émotions, une soirée autour d'un feu de camp sur l'île aux caimans avec d'autres guides très intéressants, histoire de formaliser notre transformation en Tarzan&Jane.

De “Rurre” (comme les gens disent ici), nous avions prévu de rejoindre Guajara-Mirim pour entrer au Brésil, mais cela se mérite ! En effet, nous avons dû attendre 2 jours (un fleuve avait débordé et a rendu le chemin impraticable) avant de pouvoir enfin prendre un bus vers Guajara. Ce ne fût que le début : on nous avait annoncé un départ entre 23h et minuit (nous aurions dû nous douter que cette marge était trop peu précise pour être vraie !). Qui aurait pu imaginer qu'il débarquerait à 3h du mat’ ! Et bien personne, c'est bien pour cela que nous avons attendu au terminal tout ce temps. Toujours sur le même schéma, le voyage qui devait durer 24h, a duré...47 heures ! Car la “carretera es muy fea”  ! C'est vrai que le bus s'arrêtait à sc_ne_quotidienne_d_un_voyage_en_bolivieintervalles réguliers pour passer tant bien que mal un trou ou aider un autre bus à passer. Tous les passagers du bus étaient régulièrement sollicités pour aider à sortir de ce bourbier. Par “sollicités”, comprenez “tirer le bus par une corde en pleine nuit pendant plusieurs heures”. C'était vraiment la fête lors de la réussite ! En bref, le voyage a été anthologique : outre les arrêts fréquents, la route quasi impraticable, le manque d'eau et de nourriture, c'est l'entraide naturelle et l'ambiance conviviale entre les passagers qui primaient.

Morale de l'histoire selon nos amis boliviens, “Todo es posible, Nada es seguro”.

Un pays n'a jamais aussi bien suivi sa devise que durant ces deux jours...

Posté par myriamus à 04:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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